Je suis né en 1965 à Madagascar, une ancienne colonie française située dans l'Océan Indien. Mes ancêtres ont migré du Nord-Ouest de l'Inde (Gujarat) au début du 20ème siècle à Madagascar. Nous avons dû quitter Madagascar, la Grande Ile, en 1975 suite à l'instabilité sociale et politique qui y régnait, et nous sommes installés en France. J'ai fait mes études à Paris et ai obtenu un doctorat en Sciences Pharmaceutiques et Biologiques ainsi qu'un MBA.
Comme de nombreux chercheurs, j'étais poursuivi depuis mon adolescence par des questions fondamentales sur l'existence. Pendant ma vie à Paris, avec les stimulations de sa vie culturelle et intellectuelle, je lisais avidement Eliade, Lévi Strauss dans le domaine de l'ethnologie et de l'histoire des religions pour tenter d'y trouver des réponses. Je partageais mes lectures de Freud, Jung, Sartre avec mes amis, récitais avec eux les surréalistes, notamment Louis Aragon, Paul Eluard. J'ai eu des débats passionnés avec des amis d’extrême gauche nourris de la pensée de Marx et des anarchistes, qui rêvaient de changer le monde. Je lisais des ouvrages de neurobiologie (Changeux, Laborit) pour tenter de comprendre le fonctionnement de l'esprit humain et des ouvrages de physique quantique et d'astrophysique pour comprendre la nature de l’univers.
J'ai également lu des ouvrages de philosophie orientale (Zen, Hindouisme, Soufisme etc.) et ai eu l'occasion d'interroger divers représentants de ces traditions spirituelles. Cependant, je perdais tout mon enthousiasme quand ces représentants affirmaient que la raison n'a pas de place dans la spiritualité et doit s'incliner devant l'expérience personnelle ou la soumission au 'maître'. Je n'étais pas disposé à renoncer à mon esprit critique et tout accepter aveuglement d'une tradition spirituelle quelle qu'elle soit. Il m'était impossible de souscrire à la promesse de certains autres qu'un ensemble de techniques ou une expérience particulière me conduirait à la vérité. Il n'y avait le plus souvent aucune réelle clarté dans la définition du but à accomplir et le moyen à employer pour y parvenir. J'avais le sentiment que leur enseignement était vague, contradictoire, la sagesse dispensée parcellaire et sans réelle profondeur, le tout se réduisant souvent à un ensemble de techniques et un culte de la personnalité.
Quel était le résultat de cette quête de nombreuses années ? De la déception et aussi du désespoir. Un sentiment de ne progresser nulle part. Je commençais à croire que cette quête était une pure perte de temps et une chimère. Mais je ne pouvais pas abandonner cette poursuite. A un niveau plus extérieur, tout semblait parfait : j’étais basé à Paris, j'avais au sein d’un groupe pharmaceutique un travail de rêve dans le domaine du marketing international et stratégique. J'étais amené à voyager dans le monde entier et menais une vie sociale et culturelle très parisienne. Mais le feu de la recherche consumait ma tête et mon coeur. Rien ne pouvait l'éteindre.
Alors, j'ai entendu en 1995, un enseignement qui allait bouleverser ma vie : l'enseignement traditionnel du Vedanta. Pourquoi ? Car il affirmait que le problème de l'être humain provient du jugement qu’il porte sur lui-même : 'je suis un être limité et incomplet'. Il disait que ce problème est universel. Puis il remettait en question cette conclusion. Dans sa vision, cette conclusion est fausse et le problème est l’ignorance de notre véritable nature. Le Vedanta affirme que rien ne doit être fait ou accompli pour résoudre ce problème qui n'est que notionnel. Seule la connaissance de la véritable nature de soi, a la capacité de nous libérer radicalement de cette ignorance et de ses multiples ramifications. Il dit que tout ce qui est ici est une réalité absolue et non duelle. Et qu'il est possible de connaître ici et maintenant cet un sans second qui est le fondement ultime de toute chose. J'avais trouvé ce que je cherchais depuis longtemps, et je n'en croyais pas mes yeux !
J'ai réalisé avec le temps que la vision du Vedanta ne peut être contredite ou ébranlée car il révèle la réalité telle qu'elle est. La vérité qu'il dévoilait méthodiquement sous mes yeux était aussi transparente qu'un diamant.
Durant ce chemin, j'ai vu la grâce à l'oeuvre à de nombreuses reprises : ce n'est que la grâce qui m'a porté à cet enseignement. C'est elle la grâce qui m'a donné la force de continuer à étudier en dépit de moments difficiles. C'est la grâce qui m'a fait rencontrer en 1995 celle qui allait devenir ma femme, Neema, sur le campus d'Anaikatti (en Inde du Sud), où je me rendais régulièrement pour étudier le Vedanta. Elle étudiait aussi depuis de nombreuses années, avec une influence double, indienne et américaine et poursuivait une carrière brillante avec les Nations Unies. Nous avons décidé de poursuivre notre chemin ensemble et nous sommes mariés à Bangkok en 2001.
Dés lors, nos vies s'enrichissent jour après jour, et gagnent en profondeur par notre engagement commun à la transformation personnelle, la célébration de la vie et l'amour que nous portons à la vision du Vedanta. La grâce poursuit son œuvre !.

