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Suis-je le corps ou le mental ?
Cependant, ce sentiment de je, qui semble être le noyau de mon individualité ou le sujet, n'est rien d'autre qu'une série de pensées centrée sur le 'je'. Il change tout le temps en fonction des objets qui se présentent à moi, des conditions changeantes de mon corps, de mes émotions, de mes désirs, de mes actions, etc. Par exemple, si un moment donné, je dis que 'je connais un objet', ce sujet connaissant devient à un moment ultérieur un sujet agissant et je dis 'je fais cette action'. De plus, ce sentiment de je, cet ego, qui semble être une partie permanente et essentielle de moi-même se trouve dans un état non manifesté pendant le sommeil profond. Il n'est pas présent de la même manière que dans l'état de veille. Ce qui est étonnant c'est que bien que ce sentiment de je résulte de processus neurobiologiques toujours changeants, ils sont capables de me donner un sentiment de continuité du sens de je, une permanence apparente de mon individualité au travers mes différentes expériences. Mais le fait qu'il change signifie que je ne suis pas essentiellement ce complexe de pensées centrées autour de je, cet ego.
Si je ne suis rien de tout cela, suis-je le vide ?
Si je ne suis pas le corps, pas les sens, pas les pensées, les émotions, les cognitions, la mémoire, l'ego, qui suis-je ? Comme tout ce que je croyais être moi a été écarté, je suis peut-être rien, le vide ? Non, car vous n'êtes pas non existant 58. Vous pouvez douter de nombreuses choses, mais il y a une chose dont vous êtes sûr, 'je suis', 'j'existe' 59. Mais dans ce cas, si toutes les conclusions à mon sujet sont fausses et si malgré tout 'je suis', quelle est la nature de ce je ? Je suis conscience, qui est la réalité du corps-sens-mental
Les Upanishads révèlent que la véritable nature de moi-même est pure conscience, grâce à laquelle ce sentiment de je, toutes les conditions mentales et physiques, etc. sont connues de moi 60. Cette conscience est complètement indépendante de toutes ces conditions et n'est jamais affectée ou déplacée par aucun d'entre elles 61. Comment comprendre que je suis cette conscience, invariablement présente en chacun d'entre eux ? Il est nécessaire de revenir à la définition de satyam et de mithya, ces deux termes que nous avons commentés précédemment et qui définissent notre compréhension de la réalité des choses. Satyam est ce qui ne dépend de rien pour son existence et mithya est ce qui dépend d'autre chose pour son existence. La conscience est satyam et le mental est mithya
Appliquons tout d'abord cette définition à toutes les différentes types de pensées qui ont lieu dans le mental, inclus le sentiment de je ou l'ego. Les Upanishads disent que les pensées ne sont que des formes et sont variables.
Tandis qu'une pensée donnée se lève, existe momentanément puis cède sa place à une nouvelle pensée, l'essence des deux pensées est invariable et est conscience
62. Quand une pensée est remplacée par une autre, par exemple la pensée d'une vache par celle d'un cheval, ce qui change est la pensée, qui est une forme, mais l'essence des deux pensées est la conscience qui est invariable présente dans ces pensées. Vous pouvez le voir, les formes de pensées ne cessent de changer, mais l'essence de toutes les pensées reste la même. Vous pouvez appliquer ce principe à tous les autres types de pensées comme les émotions, la mémoire, etc. Mes émotions changent, je dis parfois que je suis triste, puis cela est remplacé par je suis agité. L'essence de ces pensées est la conscience. Il est clair que toutes les pensées dépendent de la conscience pour leur existence, et sont donc mithya. Et comme la conscience ne dépend d'aucune pensée pour son existence, elle est satyam en termes de réalitéMais que se passe-t-il entre les pensées ? Quand il n'y a aucune pensée, quand il y a le silence? Dans ce cas aussi, cette conscience est là sans aucune pensée ou forme. Cela veut dire que la conscience est invariable en présence ou en l'absence de tous les types de pensées, que ce soit des émotions, des cognitions, la mémoire, l'ego. La conscience n'est jamais déplacée par aucune d'entre elles, car elle est indépendante d'elles. A l'inverse, les pensées ne sont que des formes et elles dépendent entièrement de la conscience pour leur existence. C'est pourquoi la conscience est satyam et les pensées sont mithya.
La conscience est satyam et le corps est mithya
Appliquons maintenant cette définition de satyam et mithya au corps, afin de comprendre que la conscience est aussi la réalité du corps. Le corps est constitué de cellules, qui
peuvent être réduites à leur tour à leurs constituants, noyau, membrane cellulaire, divers organites comme les mitochondries etc. Si vous prenez l'ADN dans le noyau de la cellule, vous trouvez une séquence unique de gènes qui définit notre individualité biologique. En fait, ces gènes sont des molécules assemblées en forme d'hélice. Ces molécules elles-mêmes peuvent être réduites en atomes, particules etc. Ce qui est invariablement présent au sein et au travers de toutes ces formes, est l'intelligence qui fait que l'ADN ou la cellule se comporte d'une certaine manière et nous donne à chacun un corps, un mental et des sens avec des qualités uniques. Cette intelligence, comme toute autre intelligence, dépend de la conscience pour son existence. Ainsi, la conscience est
satyam tandis que le corps-mental-sens est mithya, il n'a pas de réalité propre, pas d'existence indépendante de cette conscience. La conscience n'est pas une réalité parallèle
Lorsque la relation entre satyam et mithya est comprise correctement, il devient alors clair que la conscience et le complexe corps-sens-mental ne sont pas deux réalités parallèles partageant le même degré de réalité. En fait, dans notre exemple du pot en argile, quand je regarde le pot, il n'est en réalité rien d'autre que de l'argile. Le pot est réel seulement en apparence, il n'a qu'une réalité empirique, il est seulement un nom pour une forme. De la même façon, quand je regarde ce complexe corps-sens-mental, il n'est en réalité que conscience.
Le
complexe corps-sens-mental n'est qu'empiriquement réel,
apparemment réel, il n'est qu'un nom pour une forme à l'intérieur
de nombreuses formes, dont la réalité est conscience
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