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Vairagya
:
est littéralement le détachement, ou exprimé autrement, une certaine objectivité vis à vis des poursuites de la vie et mes expériences 41. Etre objectif veut dire voir la valeur d'une chose telle qu'elle est. Par exemple, il est assez courant d’avoir des opinions extrêmes vis à vis de
l'argent. Soit l'argent signifie tout pour vous car vous pensez
que la sécurité et les plaisirs ont pour base exclusive
l'argent. Soit vous concluez que l'argent est une forme d'esclavage pour quelqu'un qui est engagé dans une voie 'spirituelle'.
En réalité, aucune de ces opinions n'est objective. L'argent a une valeur car il permet d'acheter ce que vous désirez ou ce dont vous avez besoin. Mais il est incapable de vous donner un sentiment d'accomplissement durable. C’est cela, l’objectivité. Je peux développer cette objectivité vis à vis des personnes, des objets et de mes poursuites. Je peux bien entendu continuer à poursuivre toutes ces choses mais je ne les vois plus comme des fins en elles-mêmes. Je sais clairement que c'est la liberté que je recherche, car je veux me libérer de mon sentiment de limitation et ces poursuites sont incapables de me la donner. Cependant, ces poursuites peuvent servir ma quête de la liberté en devenant autant de moyens, par la variété d’opportunités qu’elles me procurent d’interagir avec le monde, de devenir un être humain pleinement mature.
Mumuksutvam :
est le désir de liberté. Ce que je veux dans la vie est clair. La délivrance n'est pas un de mes nombreux désirs mais le désir principal autour duquel s'orchestrent et s’ordonnent mes autres désirs. Je choisis de poursuivre la liberté et engage mon être tout entier dans cette poursuite. Ce désir de libération est converti, transformé en une poursuite de la connaissance car je comprends grâce aux Upanishads que la liberté ne s'accomplit que par la connaissance de soi.
Sraddha :
est la confiance résolue envers le moyen de connaissance qu'est le Vedanta et envers les compétences de l'enseignant 42. J’ai confiance dans leur capacité à me faire voir ma véritable nature. Mon attitude à leur égard est de maintenir une certaine ouverture d'esprit. Je donne le bénéfice du doute à ce moyen de connaissance et lui permets d'opérer.
La recherche de la nature du soi exige que j'analyse ce qui est exposé par l'enseignant. Si cette analyse prouve que certaines de mes conclusions sont fausses, je suis capable de les abandonner sans résistance. Cela ne veut pas dire que j'ai une foi aveugle et que je ne dois rien questionner. En fait, je ne cesse jamais de réfléchir à ce qui m'est dit et n'hésite jamais à poser des questions jusqu'à ce que je comprenne. Mais mon attitude est que je veux comprendre ce qui est dit et non argumenter systématiquement pour réfuter ce qui est dit. Samadhanam :
est la faculté de rester sur un sujet donné pendant un certain temps, et d'y réfléchir suivant différents points de
vue. Je suis capable de réfléchir de manière attentive et profonde sur un sujet particulier du Vedanta, grâce à une certaine maîtrise sur le fonctionnement de mon mental que j'ai acquise par ma pratique de la méditation.
Il faut noter qu'en réalité, personne ne vient au Vedanta avec l'ensemble de ces qualités développées dans toutes leurs dimensions. Mais si certaines sont présentes dans une certaine mesure, en particulier le désir de liberté et les facultés cognitives, elles porteront l'individu vers cette poursuite. Ces qualités peuvent être développées avec le temps, l'effort et l'exposition à l'enseignement. Les textes du Vedanta soulignent en effet l'importance de la maturité personnelle et décrivent en détail les moyens d'accomplir cette transformation intérieure.

